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UN CYCLE DE CONFERENCES AUX COULEURS DE LA T.R.I !

Pour la 2ème année de suite, nous avons été accueillis à la Halle aux Sucres

Discours de Louis Monteyne du 8 janvier 2016

Si l’on parle de nouveaux modèles, c’est que l’ancien n’est plus acceptable. La fonte des glaces, la déforestation, l’avancée des zones désertiques, les menaces sur la biodiversité…Dans tous les cas, la responsabilité humaine est engagée. Certains se réjouissent du succès de la COP21, d’autres signalent qu’il ne s’agit pas d’un traité mais d’une déclaration d’intentions sans contraintes et que rien n’a été acté concernant la taxe carbone. L’inauguration de la plus grande mine de charbon à ciel ouvert au monde, en Nouvelle-Zélande, et plus près de chez nous, l’autorisation donnée par le préfet de la Région PACA à la société Alvéo de poursuivre son activité industrielle et donc de rejeter en mer pour 6 ans les effluents aqueux, les fameuses boues rouges, résultant de la production d’alumine, rejetées en plein cœur du Parc National des Calanques dans les Bouches du Rhône. Ces exemples nous obligent à la vigilance et prouvent que rien n’est acquis. Le corollaire de la dégradation de notre environnement, c’est la montée des inégalités. 

Le Crédit Suisse publie chaque année un rapport sur la richesse mondiale. D’après sa dernière édition du 13 octobre, 1% de la population mondiale détient la moitié de la richesse globale. D’après l’établissement financier, les inégalités se creusent chaque année depuis la crise de 2008. Il y a 50 ans, General Motors était le 1er employeur des Etats-Unis. Le salarié de General Motors, soutenu par un syndicat fort, gagnait l’équivalent de 35 dollars actuels de l’heure. Aujourd’hui, le principal employeur du pays est Wal-Mart et l’employé de Wal-Mart sans syndicat gagne en début de carrière 9 dollars actuels l’heure environ, constate sur son blog l’ancien secrétaire d’Etat au travail de Bill Clinton Robert Reich qui vient de publier : « Sauver le capitalisme : Pour tous et non pas pour certains ». Autre continent, « l’Inde est intoxiquée par ce grand concept de l’économie qui croît le plus rapidement dans le monde » s’insurge le sociologue indien Sachin Kumar Jain.

Mais la principale question est : Qui au final bénéficie de cette croissance ? En 2000, 37% des richesses étaient concentrées dans les mains de 1% des Indiens adultes, en 2005 le chiffre a atteint 43% en 2014, il est de 49%. Dernier exemple : Au Kenya, d’après la Banque Mondiale, quelque 62% de la richesse de cette Nation de 40 millions d’habitants sont entre les mains de 8000 personnes. Dans notre pays où la pauvreté s’accroît, Antoine Peillon, journaliste à La Croix, estime le coût de l’évasion fiscale à 80 milliards. Si l’on ajoute la corruption et la triche aux cotisations, l’on atteint le chiffre record de 150 milliards par an.

Conclusion : Le modèle actuel, qui concentre les richesses entre une poignée d’Etats et de multinationales et qui fonde sa croissance, au service des seuls financiers, sur toujours plus d’extractions de ressources naturelles et toujours moins d’emplois, ne peut pas tenir. « Le modèle actuel ne peut pas tenir ! » fait remarquer Nicolas Hulot. Rifkin propose de changer de logiciel, nous sommes convaincus que l’avenir passe par le pouvoir latéral. La mise en œuvre de la T.R.I ne se décrètera pas de façon centralisatrice. Elle partira des territoires, des collectivités et des entreprises. Elle sera la convergence d’initiatives, d’innovations, de projets, précise t-il.

Nous nous inscrivons résolument dans ce mouvement. Notre arme : L’Economie Solidaire !

L’Economie solidaire…

Comme modèle entrepreneurial (nous ne sommes pas dans la gestion de la pauvreté)

Comme exact contraire à la logique inégalitaire

Comme un choix de civilisation

…Inscrite dans une autre temporalité. Répondre aux besoins à plus long terme plutôt que rechercher un profit immédiat. Il propose d’inventer un modèle alternatif, les communaux collaboratifs, une forme d’organisation sociale fondée sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur celui des particuliers, dynamisée par les réseaux sociaux, l’innovation et la culture du partage. L’anthropologue David Graeber et l’historien Jérôme Baschet évoquent chacun à leur façon la construction d’un « commun » fondé sur des choix de productions qualitatifs et non quantitatifs, des décisions prises collectivement et collectivement assumées, le respect de la planète, le foisonnement créatif et la pluralité des modes d’existence.

Nous avons l’obligation de nous inspirer des chercheurs, des penseurs, des philosophes, des économistes, des sociologues qui travaillent sur ces thématiques et notre fonction, c’est d’appliquer ces principes, de les rendre vivants, de montrer leurs pertinences, leurs cohérences. La formation, l’information, la conscientisation, doivent être considérées, nous semble-t-il, comme éléments constitutifs de nouveaux modèles de développement et comme outils de sortie de crise. D’ores et déjà nous accueillons les scolaires sur l’Eco-Zone pour des plantations et nous mettons à leur disposition des outils pédagogiques (mât météo, éolienne, bancs d’études photovoltaïque et géothermique) gérés par les étudiants de l’ULCO et disponibles pour les élèves des lycées techniques.

Organiser sur le site la mixité sociale, générationnelle, de niveaux d’études est un de nos engagements. Prouver qu’il existe des alternatives, que l’on peut enrichir le mix énergétique. Créer une plate-forme démonstratrice de formation inscrite dans le schéma régional. Accueillir des entrepreneurs et des laboratoires pour tester, innover, créer comme l’expérience menée par Ecome et par l’IFSTTAR sur le site concernant la géothermie l’illustre. Apporter enfin notre contribution pour atteindre les objectifs à l’exemple des 3 x 20%. En résumé, contribuer à l’émergence d’un nouveau modèle.

Quelles conditions pour réussir ?

 

1- Le projet ne se fera pas sans mobilisation citoyenne, il ne se fera pas non plus sans le soutien des élus. Ce qui pose la question de l’articulation entre les uns et les autres.

2- De notre capacité à nouer des partenariats avec le monde économique pour aider au financement du projet mais pas seulement :

     * Pour utiliser l’Eco-Zone comme terrain d’expérimentation

     * Pour favoriser le contact entre l’entreprise et le monde de l’enseignement

En résumé, là aussi, créer les conditions pour l’émergence d’un nouveau modèle 

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